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Monsieur Perrin m'a dit...

Une rencontre avec Monsieur Marcel PERRIN à la Maison de Retraite de Vittel.

... je n'étais pas très... je n'étais pas... Quand j'étais gamin, j'allais à l'école, je n'ai guère connu Emile. Il allait à l'école en ville, au lycée, je crois.
Le plus que je l'ai vu, c'était pendant les vacances, mais je n'ai guère eu de rapports avec Emile. Il faisait sa vie d'un côté,il se préparait, et puis moi d'un autre côté... Il faut dire que la guerre est arrivée... La guerre a tout coupé, je ne l'ai guère connu.
C'est seulement après la guerre, à ces moments-là que je l'ai vu jeune homme. Chacun partait de son côté à ce moment-là... je regrette vraiment...
Je ne peux pas vous donner réellement... je n'ai vu Emile qu'une fois, pendant la guerre. Je me trouvais à Nancy avec ma soeur, elle me dit :«tiens, voilà Emile THIRY, oh, il faut se dépêcher de l'attraper, elle l'appelle "Emile". Il s'est retourné et, oh, je me souviens nous avons bu une chope aux "Deux Hémisphères", on a causé un moment. »
Oh j'aurais bien voulu le revoir, j'aurais bien voulu retourner à Frocourt, moi. Oh, je suis allé à Frocourt, j'me rappelle, il y avait des sapins... On a été couper des sapins, et une fois, j'avais, attendez voir... c'était vers 1908, 1909, on revenait avec une voiture de sapins, et on montait l'ancienne route, là, on passait la barrière, là, au "Dernier Sou" et puis, ma foi, j'étais là avec les ouvriers de la ferme, avec le premier commis, je revenais avec. Et puis dans le pass&ge à niveau il y avait du verglas, les chevaux n'ont pas pu démarrer, ... et voilà la voiture bloquée, la queue des sapins était encore sur les rails, et puis la garde-barrière était là : :« dépêchez-vous, dépêchez-vous, v'là un train de minerai, qu'il ait le temps »...? Quand j'ai vu arriver le train, alors j'ai dit, tant pis, j'ai dit au commis : « allez, dételez vite les chevaux » ...
Alors le train est arrivé... il a couché la voiture, encore une petite baraque qui était là... et puis notre chariot était brisé naturellement... On est rentrés comme ça...
A Frocourt j'y suis allé plusieurs fois, oh oui, oh oui (non la maison je ne connaissais pas trop). On allait y travailler...
... mais c'est vieux, c'est des vieux souvenirs.
J'me rappelle, étant au lycée à Nancy , on nous avait emmené faire un p'tit (?) de géologie, on allait à Frocourt voir l'aqueduc qui amène les eaux de Méréville, de Messein, qui passe là, et je me rappelle, c'était de c'temps-là... Ah, ça fonctionne toujours.


A propos des origines de l'Ecole de Tomblaine
Il faudrait voir aux archives départementales, je crois que Monsieur Enel... Remarquez c'est public, mais, en tant que Conseiller Général, il pourrait peut-être avoir accès à quelque chose de plus sérieux...
et moi, je vous avoue que ça m'intéresserait, les origines, de l'Ecole. Oui, qu'ça m'a fait plaisir, je vous assure.
Faisons une parenthèse :
Voici une photo - mon beau frère relieur à Malzéville, mon neveu y est encore relieur, il travaille pour la ville de Nancy; (du cousu-main). C’était des relieurs à la main…Il y a un cahier des charges. Du fait qu’il était réellement artisan, il travaille pour le Bibliothèque Nationale. Il va à Paris, à la Bibliothèque Nationale, surtout la réparation du vieux…..

(Et Anne?)

Elle était plus jeune (?) je ne l’ai pratiquement pas connue.

Mais remontons voir un peu dans l’histoire la famille Thiry… Monsieur Hippolyte Thiry, ils avaient une propriété à Lorquin… est-ce qu’il n’était pas.. (élu?), ah non à ce moment-là c’était encore allemand… il n’était donc pas élu quoi que ce soit, parce que Monsieur Thiry, votre grand père, il était conseiller général de Lorquin. Oui, oui Louis Thiry votr’ grand père. En quelle année qu’il est mort votre arrière grand père, Monsieur Hippolyte Thiry… mais je sais que Madame Thiry mère était encore vivante en 1915, parce que je suis revenu de l’hôpital en janvier 1915, j’avais eu une typhoïde, je sortais de l’hôpital, je suis arrivé le soir, comme ça on ne m’attendait pas et puis d’un coup, il y avait un moment que j’étais rentré, on entend du bruit, nous habitions au second, ma mère va voir « Mon Dieu, Madame (Hippolyte) Thiry » (Elle venait le voir).
…… Oh oui je m’rappelle bien, très bien Hippolyte. Alors il venait de Lay Saint Christophe…. Qu’est ce qu’elle est devenue la propriété de Lay Saint Christophe ?
Il y avait un étang on y allait souvent
Combien de fois Monsieur Thiry m’disait : « j’vais vous raconter une histoire »
Un jour Monsieur Hippolyte Thiry me dit « tiens viens avec moi à Lay Saint Christophe ».. Alors on prend le p’tit camion et on va à Lay Saint Christophe… Moi j’étais (?), j’avais 17-18 ans. Alors on charge du matériel qu’il allait chercher… J’avais bien vu qu’il mettait quelque chose dans le coffre de la voiture, mais ça ne me regardait pas, le coffre, ça nous servait de banc…
Quatre jours après, Monsieur Thiry m’envoie à Nancy « voilà une lettre d’avis, va-t-en à la Gare ». Un colis qui arrivait assez gros. « Prends le p’tit camion » . Je prends le petit camion, je vais à la gare… Bon, je reviens tranquillement… Deux ou trois jours après, Monsieur Thiry me dit « dis donc va-t-en donc Robardelle.» C’était des achats d’épicerie en gros, il passait une commande et on allait la chercher… J’vais chez Robardelle, il y avait des caisses, des litres à mettre, attendez, j’vais mettra dans le coffre, j’ouvre le coffre, qu’est qu’il y avait dans le coffre il y avait 7 à 8 litres d’eau de vie que Monsieur Thiry avait ramené de Lay Saint Christophe, que j’avais été reconduire en ville et j’me promenais en ville avec ça... Alors, on mettait là des litres d'huile, des litres de vinaigre, enfin j'arrange ça ...
En revenant, j’revenais avec la voiture ici,... puis Monsieur Thiry se trouvait justement là.
« alors, tu as tout trouvé? »
« oui, oui, ça y est, c’est fini »… et j’lui dis « venez voir, Monsieur Thiry, s’il vous plait, y’a quelque chose dans le coffre, là, je ne sais pas qui c’est qui a acheté ça…»
… « nom de Dieu » qu’y dit (vous savez, il était vif, très vif, Monsieur Thiry et même coléreux...).
« c’est bien ça, voilà 8 jours qu’on se promène avec ça… Tiens t’en auras une »
Il m’a donné un litre, vain Dieu, je m’en rappelle de ce jour-là.
Il était vif, même des moments violents, quand il se fâchait avec quelqu’un...
... Un jour, c’est toujours la même chose, en quelle année qu’c’était en 10, 11...
Il avait vendu 50 sacs de blé chez VILGRAIN ( les Grands Moulins de Nancy), alors il dit à mon père : « j’ai vendu 50 sacs de blé »…
« ah oui, dit mon père, mais ils ne sont pas battus »…
« Oui, oui, c’est bon, ces jours-ci on les livrera …»
Un jour, il me dit « t’iras aux Grands Moulins chercher 50 toiles » (toiles sacs vides).
J’reviens avec mes 50 sacs. Il me dit :« vous examinez les sacs…».
Il prend...« ils sont en bonne (?), ces sacs-là... ça m’étonne pas qu’on les appelle VOLGRAIN!…»
Il y avait des toiles toutes fines, voyez-vous, on a pesé les 50 sacs, ils pesaient 40 Kgs, mais c’était des toiles qui faisaient 800 grammes et on mettait 1 kg pour le sac…
« nom de Dieu…» ah j’l’entends encore « les salauds, ah les voleur!s»
Il me dit « tu t’occuperas de ça, hein, on va faire les sacs à 50 kgs nets, et puis on mettra 40 Kgs de blé dans un sac, et puis c’est moi qui irai livrer»
On a fait comme ça, et on est parti livrer, il y avait les deux commis et puis moi, j’étais avec, et puis Monsieur Thiry est venu en vélo…
Juste, dans la cour des Grands Moulins, il trouve Marcel Vilgrain…
Ah, si vous aviez entendu,… j’ai jamais entendu des gens s’engueuler, pardonnez-moi l’expression…
« ça m’étonne pas qu’on t’appelle VOLGRAIN, qu’il disait...»
Il pouvait pas supporter ça, c’était (comme) en somme de la fraude, c’était pas grand’chose...
Mais… on a toujours dit que chez Vilgrain ils nourrissaient leurs chevaux… avec la fraude...

(L’arrière grand-père Hippolyte, il avait un caractère qui ressemblait à celui de mon grand-père ?)

Oui, il était vif aussi, et puis il était vieux, il était hargneux…
Quand mon père a été nommé à Tomblaine (c’est à cause de ça qu’il a été nommé à Tomblaine, car le CHEF de PRATIQUE qui était avant lui ne s’accordait pas avec Monsieur Thiry).
Et vous savez, en hiver, quand on avait des élèves, là, on les avait à la pratique de 1 heure à 4 heures, fallait les occuper...
Alors, quoi faire en hiver ?
Alors, un jour, il dit au CHEF de PRATIQUE
« hein, hein, », il causait un peu (pressé?), il bégayait un peu, « allez, rangez le matériel, rangez le matériel, rangez le matériel...»
« Qu’est-ce que vous nous emmerdez avec votre matériel» (parce qu’on avait tout un tas de matériel de Mathieu de Dombasle, des petites houes, ça nous embarrassait plutôt)
« le matériel » et il prend une houe et il l’envoie sur le tas.
(Le chef de pratique « vous m’emmerdez avec le matériel »
(Notre arrière-rand-père) « révoqué, révoqué, révoqué … »
Et le chef de pratique-là, il connaissait mon père, alors il lui a écrit « la place sera libre à Tomblaine, tu peux la demander! »
C’est comme ça que mon père a atterri à Tomblaine.

(Votre père avait beaucoup de patience)

Oh oui, heureusement

(Il arrivait à s’accorder ?)

Oui, même avec Monsieur Thiry…. Oh oui
Une fois même mon père a dit à (Hippolyte ?) Thiry, il devait être conseiller d’arrondissement ou conseiller général- une fois il n’avait pas été élu, il était de mauvaise humeur, il était "après" mon père et mon père lui dit « après tout j’suis pas cause si le suffrage universel n’a pas donné dans votre direction. J’m’en fous pas mal »
Mais mon père avait une patience, il avait une chose, il aimait bien apprendre… il prenait les élèves, il avait tout un tas de trucs, il avait une patience avec eux et il aimait mieux qu’on lui foute la paix, même avec Monsieur Thiry, vous savez...
En dernier quand on a eu l’atelier, qu’on a eu le tracteur, et tout ça, quand mon père était avec les ouvriers, avec les élèves, naturellement, il y en avait qui faisaient des blagues…
Quand Monsieur Thiry voyait faire une blague, il rouspétait. Remarquez, ils s’accordaient très bien…
Mon père («(Louis) c’était lui le Directeur »)… ils discutaient : « non, disait mon père, on fera comme ci, on fera comme ça ».
Je suis certain que quand Monsieur Thiry a vu partir mon père ( enfin, il ne l’a pas vu, puisqu’il était à la mort)….
Quand il a vu mourir ma mère, ça lui a fait beaucoup; je suis certain que tous les deux ont vu la fin de Tomblaine; c’était après la guerre en 1921, difficile de remettre en route, n’est-ce pas… ils ont vu… ils ont dû avoir les bras cassés tous les deux… c’est le fin… Il y avait moins d’élèves après la guerre, il y en avait moins ...

(Pourquoi, à votre avis ?)

Ben qu’est-ce que vous voulez, d’abord, il manquait beaucoup de jeunes hommes à ce moment-là… il y avait eu des morts pendant la guerre, et puis l’argent..., ça coûtait, ça a été dur....
Pendant la guerre il n’y avait plus d’élèves, (mais seulement des réfugiés de la Moselle…)
Il y avait un ancien instituteur de Bezange, Monsieur MONET qu’il s’appelait, avec des gamins de tous les villages qui avaient été envahis… A eux deux, avec ces gamins-là et le premier garçon de culture, ils faisaient marcher la ferme, car Monsieur Thiry était mobilisé, je crois bien qu’il était à Toul dans l’artillerie.…
Et puis en 1917-1918, mon père a été nommé à l’école de Fontaine, en Saône et Loire… Quand il a été au Ministère, il a dit « m’envoyez pas là dedans c’est une boite, il n’y a plus rien à faire là- dedans »...« nous comptions sur vous pour la remonter »…
Mon père n’était pas assez ambitieux, et il n’a pas osé quitter Tomblaine, et , même je ne lui en veux pas, mais s’il était resté à la Fontaine, je serais resté avec eux, il pouvait me faire démobiliser, j’étais revenu, la guerre était finie, j’étais à Dijon, il pouvait me reprendre avec lui, ma situation aurait été faite...

(Ma grand’mère, comment elle était, ma grand’mère Thiry ?)

Madame Thiry c’était en somme l’économe de la Maison, parce que déjà du temps du Grand-père Hippolyte, c’était Mademoiselle Antoinette. A propos de Mademoiselle Antoinette, est-ce que vous n’avez pas vu dans la famille un grand tableau en peinture... oui faite par Antoinette…
( le tableau avec des fleurs ? )
Il y avait un grand tableau, fait par elle…c’était le parc, le tableau était fait… ça prenait toute la perspective du parc, il y avait le grand sapin…

(Je suis presque sûre que je l’ai vu chez ma tante Marie)

Chez Marie Thiry je la vois toute petite, je me rappelle un jour, il y avait toujours des soldats dans la maison, et elle causait, comme elle entendait causer Un jour, Madame Thiry « Marie Thiry, allez-vous taire avec votre répertoire d’artilleur! »
Un jour, avec ma sœur, on l’a rencontrée en ville… Il y avait (non, Anne n’y était pas) Antoine, Claude(?), on les a rencontrés, et puis Marie Thiry était...« bonjour Mademoiselle » et puis elle a dit c’est Marie, c’est Marie Thiry…

(Il y avait 5 enfants… et puis le petit Jean)

Elle s’était bien rappelé d’elle, ma sœur. C’était pendant la guerre, ça…
- On l’avait, le grand tableau-là, on le mettait quand on allait... tous les ans, vous savez, il y avait un concours agricole dans un canton ou l’autr... on avait ce tableau-là, on le mettait, c’était l’Ecole de Tomblaine…
Mais j’me rappelle, j’ai vu Mademoiselle Antoinette le faire, j’étais tout gosse, mais j’me rappelle bien l’avoir vue.

(Elle avait du caractère ma tante Antoinette)

Alors là… elle était économe, économe de maison, elle l’a été longtemps, jusqu’au mariage de Monsieur Thiry…
elle était économe.

(Elle serrait la vis ?)

Je n’sais pas!
Tous les ans, on faisait la Saint Nicolas, c’était Mademoiselle Antoinette qui faisait le Saint Nicolas, il y avait un Père Fouettard…
On rassemblait tous les enfants de la maison; il y avait le fils du jardinier le fils du premier commis… on était 5, 6 gosses dans la grande cuisine de l’Ecole, et naturellement, quand Saint Nicolas arrivait, on disait les prières, on se mettait à genoux, on faisait les prières, et on avait un sermon de Saint Nicolas, et encore une triquée du Père Fouettard, ça ne manquait pas. En partant Saint Nicolas nous disait : « c’est bien les enfants, vous avez bien dit vos prières, hé bien vous apporterez vos sabots ». Bon Saint Nicolas s’en allait, nous aussi… Une heure après, on allait porter nos sabots dans le grand escalier de pierre de la maison…
Alors, y avait à gauche de l’escalier, ce qu’on appelait la grande salle à manger du château, nous y allons là avec nos sabots, on les avait cirés, on mettait de l’avoine dans l’un, du foin dans l’autre et on mettait ça dans la cheminée et puis Mademoiselle Antoinette les arrangeait…
« Antoine, tiens, tu n’as pas été gentil, je te mets pas les tiens si près...», parce qu’il y avait toujours quelque chose à dire…
Enfin Mademoiselle Antoinette , elle était bien gentille, … on mettait les sabots… et puis le lendemain matin, on allait voir ce qu’il y avait, on trouvait tout un tas de choses… des grands "St Nicolas" en pain d’épice, et puis il y en avait en chocolat, aussi… Il y avait des jouets, des choses, j’me rappelle, une année, ma sœur (ma sœur avait 2 ans) elle avait une robe, dans ses sabots il y avait un gros paquet, c’était une robe, une robe en "dessus des Pyrénées", comme disait ma sœur elle pouvait pas dire "tissu" …(!)
C’était Mademoiselle Antoinette qui avait acheté ça. Une année, moi, (j’venais un peu plus grand, j’avais 8 ans, 9 ans, je crois que c’est la dernière année que j’croyais à Saint Nicolas…) j’avais mis mes sabots, j’avais les gâteaux comme les autres, mais y avait rien dans mon sabot, y avait juste un p’tit bout de papier alors c’était un abonnement à l’Ecolier illustré, un journal pour les gamins, un journal de voyages, y avait des contes à la Jules Verne, des choses comme ça… Alors là j’ai vu et Mademoiselle Antoinette m’a dit « ça c’est un abonnement: tu recevras le journal toutes les semaines » … alors j’étais content de ça, et je l’ai gardé longtemps, mon beau-frère l’a même relié, mais je ne sais pas ce qu’il est devenu, il est perdu… Et ma sœur, quelques semaines après, elle a eu un abonnement à la Semaine de Suzette, et je crois que la Semaine de Suzette, j’l’ai encore chez nous elle est à Haréville (dans le Vosges près de Vittel ou en Haute Marne).

(Et qu’est-ce que vous vous rappelez encore de ma Tante Marie...?)

Pas trop grand’chose...

(Du bruit entrée du voisin de chambre de Monsieur Perrin, Monsieur Maury).

Le concours de GRIGNON, c’était en 10, 11. Quand je suis sorti de Grignon, c’était la guerre. Je suis rentré au régiment, j’avais 6 mois à faire pour la guerre…
Je peux dire que Tomblaine a fini pour moi en 1910... j'y suis revenu encore après la guerre
Après la guerre en 1919, c’est là que Monsieur Thiry s’est présenté comme Conseiller Général de la Moselle… Il était chef des services agricoles en Alsace-Lorraine, à la Direction des services des dommages de guerre. Dommages de guerre à la reconstruction de l’Alsace-Lorraine.
Il était Directeur des services agricoles à Strasbourg. Donc il avait affaire beaucoup au Colonel Winkler (?) qui était le Directeur des services de dommages de guerre à Strasbourg.
Il y avait 2 ou 3 jours que j’étais démobilisé, j’étais à Tomblaine, Monsieur Thiry vient, le samedi soir, il vient, et Madame Thiry ne l’avait pas encore vu, il voit mon père : « Monsieur Perrin, ah »...et moi j’arrive « te v’là toi, te v’là, je suis bien content de te voir, ah bon, comment qu’ça va Je descendrai ce soir , j’ai des choses à vous proposer»
« toi, tu viendras avec, je peux te trouver quelque chose ».
Nous sommes allés 2 jours après à Strasbourg, on a retrouvé Monsieur Thiry, il nous présentés au Colonel Winkler (?). C’était le Directeur des Dommages de Guerre. Et il avait besoin de ce qu’il appelait un adjoint agricole. Mon père y est allé, et pour moi, il y avait une place, c’était d’aller faire de la motoculture du côté de Mulhouse. Alors je m’rappelle, le Colonel Winkler m’a demandé une chose « si vous voulez m’attendre une minute, je vais voir mon agent comptable pour voir ce que nous pouvons faire pour vous »
Il revient au bout d’un moment, présente un papier à mon père : mon père avait 1300 francs par mois, et moi j’avais 900 francs… alors que mon père gagnait à Tomblaine 180 francs, il était hors-classe de son état, enfin il avait peut-être un peu plus pendant la guerre, il y avait les indemnités de guerre, et moi qui sortait de mes 5 ans à 1 sou par jour, je trouvais une place à 900 francs…
Et c’est Monsieur Thiry qui nous avait placés là. Ah ça, mon père a été heureux, et puis moi aussi.
J’ai fait un an aux Dommages de guerre et puis quand je suis arrivé à Mulhouse, c’était encore un colonel qui commandait, qui dirigeait à Mulhouse..
Ah, Services agricoles, Services agricoles... ah oui il y a des tracteurs qui sont en gare, on nous a envoyé des tracteurs, on ne sait pas pourquoi faire... J’avais même pas un bidon pour aller chercher de l’essence! Heureusement qu’il est arrivé en même temps un Monsieur qui était Chef du Service automobile… Il avait la même opinion que moi :
"Qu'est-ce qu'on va foutre là dedans?" !
Hein, alors, vous savez pas, on m'a donné carte blanche, "on va chercher un atelier"…
Je ne suis resté qu'un an, j'avais douze tracteurs que j'ai fait travailler… Il y en avait eu 5 batteries.

(Il n'y a pas d'appareil à lire les cassettes dans la famille...? Demandez voir si vous n'auriez pas un petit fis qui en aurait un.)

Je ne crois pas, à moins que mon fils, je ne sais pas... je ne crois pas.


On refaisait des sections à une lame de faux, on avait déjà des bonnes faucheuses… C'était même une lame de lieuse : on changeait les sections, et puis quand on a remis une paire de sections, la lame est courbée, alors il faut la redresser…
Je commençais à la redresser, v'là Monsieur Thiry qui arrive :
« Qu’est ce que tu fais
-Je viens de changer les sections
-Hein… elles sont pas mal
-Je vais redresser…
-Viens voir j’vas t’la redresser»
Il prend un gros marteau et puis il commence
Han… han… hum…
Plus qu’il tapait, plus qu’elle était courbe!!
Finalement, j’dis... Alors il la regarde « ça ne va pas »
J’dis « vous êtes en train de faire une lame "méphisto"»
-pourquoi une lame "méphisto" ?
-pourquoi "méphisto" ?
-parce que méphisto fait l'S [?]
-fous-toi de moi, va, tiens, la v'là, démerde-toi avec ça»

(Vous le voyez encore, comme si vous y étiez)

Je vois encore « Vous faites une lame méphisto »
Faut dire que j’étais bien avec Monsieur Thiry, j’en ai eu pour deux heures à la remettre, il me l’avait esquintée.
Et puis, après, il a dit à mon père, le soir « il y avait l’Marcel qui redressait la lame… J’ai voulu l’aider, j’aurais mieux fait de rester tranquille »
ça, c’était Monsieur Thiry, il était énervé (merveilleux), il était bon, avait bon cœur, il était bon, c’était un homme…
J’me rappelle à la noce de ma sœur, il mangeait avec nous… il était avec mon oncle, un de mes oncles… qui avait été élève à Tomblaine, quand Monsieur Thiry, quand Louis Thiry est venu comme Sous-Directeur, c’était en 95-96… on l’appelait…
Quand Monsieur Thiry est venu, les élèves l’appelaient "le poilu"…
Parce qu'il avait fait l'Agro, Monsieur Thiry, il est allé en Tunisie, il était décoré du "Nichamiskibar" (sic)
Il est venu ici à Tomblaine comme Sous-Directeur avec son père [Hippolyte]…
Moi je n'ai pas suivi ça, à ce moment-là, je ne sais pas si ça se succédait de père en fils. Enfin il était ingénieur agronome, il a repris la place c'était normal…

Mais à Tomblaine, comme il y avait (comme je vous le disais tout à l 'heure) les chefs de pratique…
Mais il y avait :
-le surveillant général, il était chargé de cours,
-Monsieur Thiry faisait des cours aussi,
-il y avait un professeur qui habitait Tomblaine, qui habitait dans le village,
-et puis il y avait des professeurs qui venaient de Nancy, de la Faculté, qui venaient faire des cours.
Et deux jours par semaine, les élèves allaient prendre des cours à la Faculté, surtout des cours de physique…
C'était au début de l'électricité, là, faisait suivre des cours à la Faculté, y'avait…
je vois encore les professeurs qui venaient , il y avait Mr Gain [?], (Mr Maingain?), ils venaient faire des cours là.

(Et vous-même, avez-vous fait l'Ecole de Grignon ?)

Oui j'y suis rentré, je suis rentré à Grignon en 1911..
Eh bien, tenez, quand j'ai passé Grignon, l'année 11, j'ai fait ma 2ème partie du bac au Lycée de Nancy. (J'étais entré au Lycée en 1908, j'étais entré en 2de, j'avais fait l'Ecole supérieure avant et puis je suis entré en 2de au Lycée.
L'année-là, j'ai fait la seconde partie de mon bac, et puis le concours d'entrée à Paris. J'ai très bien… j'ai été reçu à Grignon 5ème sur 180…
(Eh bien dites donc…!)

J'suis entré à Grignon, j'ai été deux fois à Paris, l'écrit, puis l'oral, après….
Puis pendant les vacances, j'avais eu le résultat par les journaux, enfin, j'avais été prévenu quand même que j'étais reçu…
Et puis une fois, c'était pendant les vacances, on était au battage… et mon père qui ne pouvait pas supporter la poussière du battage : il me laissait surveillant au battage et s'occupait de rentrer, de faire rentrer, parce qu'on pesait les récoltes surtout dans les champs où on avait fait des expériences… c'était lui… et puis il avait deux élèves avec lui…
Alors j'étais là, autour de la batteuse, et d'un coup, qui je vois arriver ?
Monsieur Thiry avec deux messieurs, et puis il vient, et puis j'entends :
… voyez, Monsieur l'Inspecteur….
Alors :
«Marcel !
- Monsieur ?
- Monsieur l'Inspecteur, je vous présente le fils de mon chef de fabrique, Monsieur Perrin, qui vient de passer le concours de d'entrée à Grignon, il entre 5ème à Grignon…
- Ah, c'est très bien, très bien,….très bien …
- (Mr Thiry)Ton père n'est pas là?
- Il va revenir, il est à tel champ, il va pas tarder ».
Effectivement, mon père revient.
Monsieur Thiry appelle mon père, et puis il m'appelle.
Il dit : « voilà, bien, votre fils est reçu à Grignon »…
L’Inspecteur : «’est très bien, c’est très bien, espérons qu’il fera un bon élève, et qu’il restera dans notre enseignement ».
« Oui, que dit mon père, j’espère bien… seulement, Monsieur l’Inspecteur, je suis heureux de vous trouver, parce que, vous savez mon traitement de chef de pratique ne ma permet pas de payer… y a un inconvénient… j’ai fait une demande de bourse .
- Monsieur Perrin, mais c’est entendu, mais les bourses sont faites pour nos fonctionnaires. Ainsi nous avons donné une bourse au fils de Monsieur Caumont (Monsieur Caumont, c’était un autre Inspecteur), il avait une bourse… oh, mais c’est entendu »…
- Alors mon père insiste : « j’ai fait une demande de bourse.».
- L’Inspecteur : « soyez tranquille, euh… je prends bonne note, euh… soyez tranquille, et puis laissez votre fils travailler tranquille à Grignon…»
- Ma foi, tout content « Merci, Monsieur l’Inspecteur » . Les Inspecteurs lui ont serré la main.
- Alors « au revoir, jeune homme » et « bonne chance »
- « Merci Monsieur l’Inspecteur»

Me voilà entré à Grignon au mois d’octobre, le 10 octobre... voilà...
Un peu après la Toussaint, je reçois une lettre de mon père... D’habitude c’est ma mère qui écrivait…
Une lettre de mon père, oh j’me dis, qu’est ce qu’il y a...
Deux mots de mon père « voilà ce que je reçois du ministère, tu sais ce qui te reste à faire... mon père... mon père...
La lettre du Ministère «J’ai l’honneur de vous informer que votre demande de bourse est refusée…»
Alors mon père, tu sais, c’est tout ce qu’il me disait « je t’envoie la lettre du Ministère, tu en penseras ce que tu voudras, tu sais ce qui te reste à faire»…

Je prends la lettre, je prends un bout de papier
«Monsieur le Ministre de l’Agriculture,
sous couvert de Monsieur le Directeur de l’Ecole de Grignon,
J’ai l’honneur de vous remettre ma démission d’élève de l’Ecole d’Agriculture de (Tomblaine)… Veuillez agréer…»
Alors je passais par le Directeur… Il me fait appeler : « qu’est-ce qui se passe
- Monsieur le Directeur, je suis obligé de vous raconter ce qui s’est passé..
- Comment, comment ils vous ont fait… Oh ça ne m’étonne pas, ces cochons…»
Faut dire qu’il y avait, quand je suis entré à Grignon, le professeur d’agriculture qui était à Grignon, Bertaud, venait d’être nommé directeur au Ministère, et c’est le père Mamelle qui était directeur et qui était franc-maçon…
Et mon père avait toujours été... Avait toujours été... parce que à l’Ecole, hein il y avait comme dans toutes les écoles, les élèves qui veulent aller à la messe, sur demande de leurs parents. Et c’était Mr Thiry qui les menait tous les dimanches matin à la messe, et mon père y allait pour remplacer un surveillant qui était franc-maçon aussi, et qui n’avait pas voulu y aller…
Puisque, un jour, mon père a encore entendu une séance ce jour-là
Quand le surveillant, le nouveau surveillant, alors, le premier samedi... tous les soirs, il y avait ce qu’on appelait le rapport, alors le samedi, les surveillants y allaient…, alors Mr Thiry lui dit
« Monsieur Jean, vous ménerez les élèves à la messe…
-Monsieur le Directeur, je ne vais pas à la messe…
-Comment ça
-Je n'vais pas à la messe…
-Vous irez à la messe…
-Non j’irai pas à la messe…
-Vous irez à la messe, nom de Dieu…
-Non, j’irai pas à la messe…
-Vous irez à la messe, nom de Dieu…» …
mon père voyait bien que ça n’allait pas , mon père a essayé de le calmer….
Et Madame Thiry, elle arrivait, elle avait entendu, mon père la voyait de loin, elle disaite elle faisait signe..
(Mr Thiry) « Bon, nous verrons ça »…
L’autre est resté surveillant, mais il n’est pas allé à la messe…
C’est là que mon père est allé à la messe le dimanche, mon père avait été repéré…
Une fois, je demandais une bourse pour entrer au Lycée, demi-pensionnaire, je n’ai eu qu’un quart de bourse…
C’était comme ça dans ce temps-là...

(la séparation de l’Eglise et de l’Etat, il y avait deux catégories de Français.)

Alors pour Grignon, c’était comme ça, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ça été dur, oh là…
Alors Monsieur Colin, ma foi, le Directeur (de Grignon) m’a dit ça « bon, je vais m’en occuper, laissez-moi la lettre de votre père, je vais m’en occuper».
Et du coup, il est parti à Paris.
Deux jours après, il me fait appeler « Est ce que votre père peut venir à Paris? » Je dis « oui ».
Il est venu, il est monté au Ministère. Mon père n’a jamais eu de bourse, mais on lui a dit au Ministère « Quand vous recevrez la facture de pension, vous la retournerez au Ministère »…
Hé oui, Madame «ils ont trouvé l’argent, mais j’avais pas la bourse»

(Ils voulaient pas qu’il soit dit)

Ils voulaient pas qu’il soit dit qu’ils m’avaient fait une saleté… ah c’était… vous savez, quand on voit des choses comme ça, ça vous donne... , j’essaie…
La première fois que mon père avait fait une demande, c’était
(Pour le Lycée ?) …avant le Lycée, j’avais déjà eu… ah bon…si…
Mais j’étais gamin, et c’était pas pour dire, mais j’avais passé le certificat d’études à 11 ans. L’instituteur avait demandé une dispense pour me le faire passer à 11 ans.

(ça a dû vous sembler injuste, surtout quand on est jeune comme ça)

A Nogent (?), il y avait un certificat de premier ordre… et puis… ah ben , c’est ça, l’instituteur avait dit à mon père «Oh, vous savez, Marcel, il peut marcher, vous devriez le mettre au Lycée…»

(Oh dites donc)
)
Alors mon père avait fait une demande de bourse qui a été refusée… on n’a pas pu me mettre au Lycée, j’ai été à l’Ecole Supérieure mon père, il avait fait là une demande de bourse, heureusement, qu’il était bien avec le secrétaire général de la Préfecture, qui avait lu la lettre... moi, mon père, il est passé le voir
« hé, dites donc, venez voir, vous avez fait une demande de bourse ? tiens, elle est refusée, vous savez pourquoi, vous allez voir ça…».
Mon père était dénoncé parce qu’il allait à la messe, et parce que... et moi, que j’allais chez le Curé...

(Oh dites, et par écrit, dénoncé par écrit, oh quelle époque !)

Oui, oui, dénoncé par un type de Tomblaine, un type de Tomblaine qui était adjoint au maire de Tomblaine, son nom , c’était Confavreux, on l’appelle " con affreux "
Ma sœur n’a pas voulu être mariée par lui, parce qu’il était contremaître à l’usine Bloch (qui était la féculerie en ce temps-là)… et comme il était toujours après toutes les femmes de là-dedans...
Ma sœur a dit « je ne veux pas être mariée par un type, il n’a pas le droit de dire à un homme... à une femme... à un homme d’être fidèle envers sa femme »

(Elle avait du caractère)

Oh oui... Puisque Mr Michel (le Maire) était sénateur, hein, et mon père lui avait demandé de marier Madeleine
« mais oui, avec plaisir...»
Seulement, comme Mr Michel était sénateur, le secrétaire de Mairie avait l’habitude que c’était le premier adjoint qui faisait les mariages, alors il fait l’acte, "par devant nous, adjoint au Maire de Tomblaine"…
Et quand on est venu au mariage, c’était le nom de Confavreux Et le nom des témoins n’était pas marqué…
Moi j’ai cédé ma place à Mr Michel

Quand j’étais à Paris, le Directeur-là, ce coup-là à Paris, et que mon père est venu, j’ai jamais eu la bourse complète (je vous l’ai dit...)
Mais mon père n’a jamais payé un sou; il recevait la chose du Ministère, il la remettait dans l’enveloppe, qui venait des Finances, il renvoyait au Ministère de l’Agriculture…

(Et hop, au ministère !)

Tiens à propos, qu’est-ce que les Cercles d’études et d’action sociale
J’étais à Brion (ou Brillon) dernièrement et ma fille m’avait demandé des photos, alors j’avais amené des vieilles photos et ,justement, j’ai trouvé une dame qui était très intéressée par ces photos-là, parce que c'était sa famille, alors elle vient me retrouver...
(oh!, pour refaire de la généalogie, et alors vous êtes l’homme de la généalogie)

Ne me prenez pas pour un fossile, quand même!!

(là j’ai éclaté de rire)

Vittel 17h
«ça va être l’office
- à quelle heure votre office
- aujourd’hui, nous avons le messe…
- il est cinq heures moins cinq, vous devez être fatigué…
-oh la messe n’est pas obligatoire…»
-
( Mr Perrin me raccompagne à la voiture, en me racontant ces deux histoires les voici )

Nous sommes descendus, il a tenu à m’accompagner jusqu’à l’auto, d’ailleurs très courtois, très gentil, attentif à tout, très fatigué bien sûr, Mais j’y retournerai sûrement, parce qu’il encore beaucoup de choses à me dire, et puis aussi parce que je ne peux vraiment pas le laisser sans y retourner… il aurait voulu continuer… continuer…
Et pendant qu’il m’accompagnait à la voiture, il m’a encore raconté deux histoires, me parlant de ma grand’mère, et de mon arrière grand’mère

(je ne suis d’ailleurs pas très sûre si ce n’était pas plutôt notre arrière grand’mère)
…)
Il m’a dit
« c’était une femme, elle avait une délicatesse, elle avait une délicatesse … Ainsi, elle avait eu une robe grise, elle avait eu une robe grise parce qu’elle avait été en deuil ((C’est d’ailleurs ce ,qui me fait penser que c’était plutôt ma grand’mère, en deuil de notre arrière grand’mère)). Et cette robe-là, une fois elle l’a donnée à ma mère, mais elle l’a donnée avec une telle délicatesse, une telle délicatesse… Oh c’était une belle robe en très beau tissu, et je la vois encore dans l’armoire de ma mère et c’était votre grand’mère ou votre arrière grand’mère qui lui avait donnée, mais pas, mais pas pour faire façon qu’elle lui donnait quelque chose, non, comme ça, avec une délicatesse….»

«puis encore aussi, je me rappelle encore une autre histoire»

(Et je vais essayer de vous la raconter comme il me l’a dit)

«Il y avait une fois, et là c’était votre arrière grand’mère. Elle entrait dans la cuisine où ma mère faisait de la tarte»…

(Je lui ai demandé à ce moment-là si c’était dans la grande cuisine de l’Ecole ou si c’était dans son appartement)

« c’était chez elle, ma mère ne travaillait pas à l’Ecole, elle s’occupait de nous
Alors votre arrière grand’mère, elle entre et puis elle lui dit « ma fille, qu'est-ce que vous faites là ?». Alors, ma mère, elle lui dit : « Hé bien, vous voyez bien je fais une tarte»…
« mais, mais, ma fille, vous ne savez pas que, quand on fait une pâte à tarte, on ne doit salir qu'une main, une main seulement… comme ça, regardez voir » … Oh, votre arrière grand'mère, ou votre grand'mère (ça, je ne sais plus ..), quelle délicatesse elles avaient, ces femmes-là…

(Je crains qu’il n’embrouille les générations)