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Ecrits de l'oncle Paul

Le docteur Paul Bretagne, né le 17 août 1887 à Nancy pense que certains détails sur sa famille pourraient disparaître avec lui, or il est possible que nos descendants soient intéressés par le passé de la famille. Il a donc écrit ce texte :

"Ferdinand Bretagne avait épousé Marie Roussel, file de Pierre Roussel et de Adeline Chatelain. Pierre Roussel, au départ, officier de santé, avait fait sa médecine, s’était engagé dans les troupes polonaises et avait terminé sa carrière comme professeurs d’accouchement à la faculté de médecine de Nancy.

Pierre Roussel avait épousé la fille de l’architecte départemental Charles François Chatelain qui avait construit la gare de Nancy.

Les enfants de Ferdinand Bretagne étaient Jeanne, Cécile - morte en bas âge - , Lucie, Pierre, Henri et Paul.

Mon père Ferdinand Bretagne était le fils d’Alexandre Bretagne, archéologue et numismate distingué, un des fondateurs du musée lorrain. Il avait eu deux autres fils dont l’un (Voir à ce sujet la page de ce document consacrée à Paul Auguste Bretagne) était le grand ami de Verlaine et de Rimbaud. Verlaine a d’ailleurs dédicacé un de ses livres à son cher Bretagne.

Mon grand père, Alexandre Bretagne, était cousin germain des Collard de Beloy, deux frères, dont l’un était célibataire et l’autre avait épousé Mademoiselle du Monceau d’Esbly dont il eut deux filles Elisabeth, restée célibataire, et Joséphine qui a épousé Legardeur.

Elisabeth Collard était la marraine de Paul Bretagne, elle habitait le château de Grandvoir, près de Neuf château en Belgique. Pendant un certai temps, elle reçut très souvent le prince Pierre Bonaparte (Ce prince Bonaparte était un fils de Lucien Bonaparte, donc un neveu de Napoléon 1er) en exil. Mademoiselle Collard, dans sa solitude, pensait que le Prince venait pour elle à Grandvoir, elle en éprouvait un certain sentiment, mais, hélas, le prince venait simplement lui faire sa cour pour avoir le droit de chasser sur son domaine.

Le prince s’est marié avec une femme très quelconque (Eléonore Ruffin, fille d'ouvrier....d'après la généalogie de la famille Bonaparte)

Le père des demoiselles Collard a été assassiné, tout près de son château, on n’en a jamais trouvé l’auteur. L’oncle est venu habiter avec ses nièces.

Alexandre Bretagne s’est occupé avec beaucoup de sollicitude d’Elisabeth qui devenait aveugle. Il y avait une correspondance considérable entre madame Bretagne et Elisabeth et, ses lettres ont été d’un gros appui près du Tribunal lors d’un procès intenté contre le testament qui faisait de Ferdinand Bretagne l’héritier de Mademoiseelle Collard les deux frères de Ferdinand étant décédés.

Mademoiselle Collard avait trois châteaux, son château de Grandvoir (près de Neufchateau, en Belgique), son château de Rochefort et (à quelques kilomètres de Sedan) le Château de Bazeilles qui lui venait de sa sœur, madame Le Gardeur, décédée.0


Nous allions pendant les vacances de Pâques au château de Grandvoir, qui était plus habitable que le château de Bazeilles.

Le très beau château de Bazeilles demandait trop de domestiques et pour passer leurs grandes vacances les cinq enfants de Ferdinand Bretagne préféraient la maison de Gérardmer où ils retrouvaient beaucoup d’amis nancéiens également attirés par cette petite ville charmante et son lac.

Dans la cuisine du château de Grandvoir, il y avait, naturellement, un grand âtre pour la cuisson des aliments, dans le fond il y avait une grande plaque de fer ou de fonte qui de l'autre côté donnait directement sur la salle à manger. Quand on faisait du feu, cette plaque chauffait la salle à manger . dans cette dernière la plaque était placée dans une sorte de placard qui avait des portes en bois assez épais. L'été, pour ne pas avoir trop chaud on fermait ces portes.

Les Collard de Belloys avaient une belle chapelle sur une colline dominant Grandvoir ; sous la chapelle un grand caveau contenait quelques cercueils de la famille notamment celui d'Elisabeth, ma marraine ; la légende voulait qu'elle y fut enterrée avev une canne d'or ; naturellement le cercueil a été volé. A l'occasion d'une nouvelle effraction du caveau, la police belge rechercha les propriétaires. Un jour, la police qui m'a retrouvé me demande ce que je compte faire. "Réparer le caveau" et j'ai été voir. La Chapelle est ouverte à tous et craignant des accidents entraînant de gros frais, j'ai proposé à mes cohéritiers de nous en débarrasser. Le chevalier de Hontheim, actuel propriétaire du château a accepté de l'acheter pour 1f symbolique car on ne vend pas une sépulture de famille.

Le château de Bazeilles

M. La Bauche, fabricant de draps avec privilège royal (Louis XIV) à Sedan a fait construire le Château de Bazeilles sur les plans de l'architecte Héré, réalisateur de la place Stanislas de Nancy.
La famille Legardeur avait à Sedan un bel hôtel dans lequel se trouve […aujourd'hui…] la Chambre de Commerce actuelle.
Un fils Legardeur a épousé une fille La Bauche ; ils eurent un fils, Charles Louis Gabriel et probablement un fis unique.
Charles Legardeur a épousé Joséphine Collard de Belloys, notre cousine. Charles Legardeur s'est tué en tombant d'un arbre. Sa veuve a quitté Bazeilles et est venue vivre au château de Grandvoir avec sa sœur Elisabeth, célibataire.
Mme Legardeur était donc propriétaire du château de Bazeilles et, n'ayant pas eu d'enfant, a légué le château à sa sœur qui l'a légué à Ferdinand Bretagne.
Le château a encore son orangerie qui est un monument classé et probablement unique ; sa toiture incurvée est très originale car sa courbe harmonieuse est digne de Héré.
Le propriétaire actuel y a installé un petit restaurant et l'a entouré d'un cadre charmant avec de jolis gazons et des fleurs

Un abbé Bretagne

Un abbé Bretagne, protonotaire apostolique (titre purement honorifique), était curé de Mairy, petit village entre Mouzon et Sedan. Il est enterré en dehors de l'église, contre le mur de droite, quand on la regarde de face. Il était propriétaire de la maison et en avait fait don à la paroisse..

Dans le cimetière de Carignan

Un Bretagne est enterré dans le cimetière de Carignan, tout nouvellement créé à cette époque; sa tombe est la première contre la place centrale du village : alors les gens de Carignan se racontaient une plaisanterie un peu macabre. Quand quelqu'un était très malade on disait de lui :" Oh! On ira bientôt en Bretagne" faisant allusion au premier occupant du cimetière.

Cour d'Appel de Nancy

Il y avait à la Cour d'Appel de Nancy, un tableau représentant un Bretagne magistrat. Pendant l'occupation, les allemands l'ont transporté à la Cour d'Appel de Metz. Où est-il maintenant ?"