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Un voyage en Suisse des trois demoiselles Simon et de leur mère

Année 1904

0Après maintes réflexions et après avoir beaucoup mûri le projet d'un voyage en Suisse, nous fixons notre départ au mardi 2 août. Grand-père a eu la gentillesse de nous faire à l'avance un itinéraire qui se compose de huit jours d'absence. Le point terminus de notre voyage est Interlaken.
Nous faisons nos petits sacs de toile car nous n'emportons pas d'autres bagages et à six heures du soir nous partons pour aller coucher à Epinal. A 7h1/2 nous sommes chez Grand-père, nous passons une bonne soirée ensemble, mais nous ne veillons pas trop tard de peur d'être fatiguées les jours suivants.

Mercredi 3 août - 1er jour

Nous nous levons vers 8h1/2 après avoir déjeuné dans nos chambres, Clara nous ayant monté notre chocolat. Vers 9h1/2 nous sommes prêtes et nous descendons dans le bureau de Grand-père où nous lisons et causons un peu.

Nous déjeunons à 11h1/2 et tout de suite après nous partons pour la gare en voiture où nous prenons le Calais-Bâle à 1h. Le train est rempli de monde , nous avons beaucoup de mal à trouver de la place et nous sommes obligées de nous séparer. Maman et Claire vont ensemble et nous sommes, Renée et moi dans le compartiment à côté. A Aillevillers, beaucoup de personnes descendent et nous pouvons aller rejoindre Maman. A partir de cet endroit la vue est très belle, et nous admirions la chaîne des Vosges, avant d'arriver à Belfort. Dans cette ville on nous fait changer de train (je ne sais pour quelle cause puisque le Calais devait aller jusqu'à Bâle) et reprendre un express Paris-Bâle. Là encore il faut nous séparer A Montreux-Vieux, nos descendons pour la douane. On nous trouve probablement des figures honnêtes car on marque les quatre sacs sans en faire ouvrir un seul. L'express ayant beaucoup de retard, nous arrivons à Bâle juste à temps pour reprendre le train pour Lucerne. Nous trouvons facilement de la place et nous installons dans un compartiment suisse que nous trouvons plus confortable qu'en France. De Bâle à Lucerne, la vue n'a rien de bien remarquable, mais nous rappelle les Vosges. Je perds dans le wagon une épingle à chapeau qui n'avait pas grande valeur, heureusement que Claire en a deux et peut m'en prêter une car je n'avais pas pris la précaution d'en prendre plusieurs.

A 8h1/2, nous arrivons à Lucerne. Nous donnons tout de suite nos sacs au domestique du Saint-Gothard et nous allons à pied à l'hôtel, qui est situé en face la gare.

On nous conduit dans les chambres que nous avions retenues d'avance et qui sont très bien. Elles ont chacune un balcon d'où l'on a une très belle vue sur le lac, le Righi et le Pilate. Nous nous lavons et nous recoiffons, puis nous allons dîner au restaurant où nous sommes servies par de petites e siècle suissesses en costume national. Nous avons fini vers 9h1/4 ; et comme nous ne sommes nullement fatiguées, nous allons nous promener jusqu'au Schweizerhof. Là règne une grande animation, un orchestre de tziganes joue dans le jardin de l'hôtel, où beaucoup de dames en grande toilette se promènent. Nous revenons en regardant les magasins qui sont très jolis. Dans une bijouterie, j'ai très envie d'un petit collier en pierres de couleur, mais maman ne veut pas que je me laisse tenter par le premier objet qui me plait et me dit que je trouverai mieux à Interlaken; j'écoute et me résigne à attendre.

Nous rentrons en achetant des cartes postales et des timbres et nous allons les écrire avant d'aller nous coucher

Jeudi 4 août - 2ème jour

Il fait un temps magnifique.

Nous n'avons pas très bien dormi, car la veille nous avions bu de la bière Pilsen très alcoolisée qui nous avait un peu excitées.

0A 8h nous déjeunons puis nous partons pour aller visiter Lucerne. Du pont qui franchit la Reuss, nous admirons la belle vue du lac éclairées par le soleil, Renée prend quelques photographies, puis nous arrivons au quai du Schweizerhof qui est prolongé par le quai National. Nous nous asseyons un peu sur un banc en face du lac et nous voyons le départ d'un bateau à vapeur. Après un quart d'heure de repos, nous nous dirigeons vers le monument du Lion en visitant la Hofkirche ou église de Saint-Léger.

L'intérieur n'a rien de remarquable, mais à l'extérieur, l'église est entourée d'un cimetière à arcades qui lui donne un cachet particulier. Nous traversons la place où se trouve le diorama Meyer et nous arrivons au Lion, nous le trouvons très curieux et très original. D là nous nous rendons au Jardin des Glaciers. Nous y voyons des Marmites excavations en forme d'entonnoirs remontant à la période glacière Qui sont très intéressante ; nous montons à un petit belvédère d'où nous avons une jolie vue de Lucerne et après avoir visité un petit chalet où sont des animaux empaillés et des plans en relief, nous sortons du Jardin des Glaciers vers 11h

Nous nous perdons dans une rue en plein soleil où personne ne peut nous renseigner, ne comprenant pas un mot de français. Il fait étouffant et nous commencions à être toutes les trois de mauvaise humeur, Maman entre chez un marchand de cartes postales où, par bonheur, la jeune file qui sait le français nous remet dans le bon chemin. Nous passons devant la maison de l'orfèvre Bossard, dont la façade porte des peintures du XVIe siècle, nous admirons aussi l'hôtel des Balances qui est du même genre, puis nous prenons une petite ruelle qui nous conduit à l'hôtel de ville du XVIIe siècle. Nous visitons les vieux ponts de bois, celui représentant la danse des morts est particulièrement intéressant, puis nous allons prendre le funiculaire pour monter au Gütsch, promenade de laquelle, il y a une vue magnifique sur le lac, la ville et les Alpes. Nous déjeunons sur la terrasse de l'hôtel et nous admirons le panorama si varié que nous avons sous les yeux.

Nous nous reposons jusqu'à 1h1/2 et nous partons pour le Sonnenberg ; nous traversons un bois magnifique, mais nous avons très chaud. Claire et Renée découvrant une fontaine y mouillent leurs mouchoirs et s'épongent le front pour se rafraîchir. Arrivées au Sonnenberg nous jetons un coup d'oeil à la vue et nous allons prendre le funiculaire jusqu'à Kriens (joli village très bien situé) et là le chemin de fer électrique jusqu'à Lucerne. Nous sommes contentes d'être un peu assises et au bout d'une demie-heure nous sommes à l'hôtel où nous faisons prendre nos sacs pour les porter au bateau de 4h1/2. Sur le lac le trajet est très varié et très joli ; arrivées à Vitznau, nous prenons de suite le funiculaire du Righi. Nous sommes avec un ménage très gentil avec lequel nous causons un peu ; nous admirons la vue magnifique du lac de Lucerne et les précipices qui s'étendent autour de nous. Cette dame avec qui nous étions a très peur et n'ose pas regarder quand son mari lui fait signe de se lever pour voir la vue d'un côté et de l'autre. Nous arrivons au sommet à 7h, nous allons de suite à l^hôtel où nous avons de très bonnes chambres (nous avions retenu d'avance) au quatrième. Nous nous habillons et nous descendons pour aller voir le coucher du soleil qui est très beau. Le temps se rafraîchit beaucoup et nous sommes obligées de rentrer. Nous allons dîner au restaurant, puis après dans le salon de lecture qui est presque désert (tout le monde se couche de bonne heure pour se lever tôt le lendemain.), nous y restons très peu de temps car Renée se plaint de douleurs dans le ventre et demande à aller se coucher, nous montons toutes les quatre. Maman s'occupe de Renée et la frictionne; elle commence à aller mieux et s'endort peu de temps après. Je refais mon sac avant de me coucher, car le lendemain nous devons partir d'assez bonne heure.

Vendredi 5 août - 3ème jour

Nous sommes réveillées à 4h du matin par le son du cor. Renée est tout à fait remise de son in disposition de la veille. Nous nous levons à la hâte de peur d'être en retard pour le lever du soleil et nous arrivons [avec] trois quarts d'heure d'avance. Il y a déjà quelques touristes qui nous ont précédées et retiennent de bonnes places.

En attendant nous nous amusons à regarder toutes les personnes qui sont autour de nous ; les unes sont très bien arrangées (nous étions de celles-là) ; d'autres sont affublées dans des châles et ne sont pas coiffées ; un vieux monsieur a l'air de s'être emballé dans un tapis de table ; nous apercevons le ménage avec lequel nous avons voyagé la veille. La dame a toute la tête enveloppée et a l'air complètement gelée. Nous nous saluons mais ne nous parlons pas.

A 5h05, le soleil se lève et tel qu'un globe de feu monte à l'horizon, éclairant de rose tous les glaciers environnants. C'est un spectacle magnifique et dont je garderai toujours le souvenir. A la longue le froid se faisant plus vivement sentir, je rentre avec Renée dans nos chambres où nous sommes contentes de nous réchauffer un peu. Mama et Claire nous rejoignent, 1/4h après (elles aussi très refroidies) . Nous achevons de nous habiller, fermons nos sacset descendons au restaurant pour y déjeuner. Nous y étions installées depuis quelques minutes lorsque arrive à la table à côté de nous un vieux juif, sa femme et ses deux filles. Il commande 3 cafés au lait et pour lui un chocolat très épais fait avec du cacao ou du chocolat, "ça m'est égal pourvu qu'il soit très épais" explique-t-il à la bonne. On lui apporte cinq minutes après, le même déjeuner qu'à tout le monde. Il goûte, faite une grimace et rappelle la jeune file "ce n'est pas du tout ce que je vous ai dit, il y a bien trop de lait et pas assez de chocolat ; regardez-mol cela, c'est bien trop clair, emportez moi cette tasse et rapportez la moi telle que je vous l'ai commandée. J'aime mieux qu'il y en ait peu et qu'il soit bon, comprenez-vous?" Agacée la bonne remporte le déjeuner d'un air de très mauvaise humeur (cela se comprend). Elle revient peu après avec le chocolat qui est probablement meilleur car il ne dit plus rien et se décide à le boire.

Les dames qui ont l'air d'avoir plus de tact, baissent le nez dans leurs tasses de café au lait et ont l'air très ennuyées . Quand on est si difficile on ferait mieux de ne pas voyager, mais c'est égal ce vieux bonhomme nous a égayées pendant notre déjeuner

Nous allons prendre le chemin de fer de Arth-Goldau. Du Righi à Arth-Goldau, joli trajet, mais je préférais de beaucoup celui de la montée. A Arth-Goldau quelque chose de très ennuyeux nous attendait. Maman avait pris des secondes sur le bateau et ces billets donnaient des troisièmes en chemin de fer. Nous voilà donc obligées de monter en 3èmes. (Du Righi à Arth-Goldau, cela n'avait pas d'inconvénient, car il n'y avait qu'une seule classe). Deux beaux jeunes gens très chics qui sont descendus du Righi avec nous, se restaurent et ont l'air très étonnés en nous voyant monter. Nous sommes au milieu de gens peu distingués. Renée est à côté d'un gros homme en manches de chemise ; à une station , l'employé fourre dans le wagon un homme qui est ivre ou est abruti par l chaleur, heureusement qu'il ne se met pas à côté de nous ! Claire et moi sommes surtout ennuyées, Renée et maman on pris leur parti et disent qu'il fait très bon. Heureusement le trajet ne durent qu'une heure et à Lucerne nous montons en seconde dans le train pour Meiringen. La vue sur la vallée du Brünig est magnifique. Là encore nous sommes avec un ménage bien commun que nous avons surnommé Fuster et sa femme (ce dernier ressemblant un peu au poète). Ils ont imaginé de déjeuner dans le train et accaparent une bonne moitié du Compartiment. Ils se bourrent de pain de saucisson, de foie gras, parlent la bouche pleine, jettent des bouteilles par la portières.

Nous arrivons à Meiringen à 1h. Juste à la sortie de la gare nous sommes saisies par un orage épouvantable et des bourrasques de vent terribles ; nous sommes prises d'un fou-rire car le soi-disant Fuster perd son chapeau qui s'envole dans un petit jardin cloturé. Maman se précipite dans un petit hôtel tout près de la gare, très simple mais propre. Claire et Renée ont une belle grande chambre mais la notre est toute petite et pour peu que nous remuions, nous nous jetons sans cesse l'une dans l'autre. Nous voyons passer Fuster qui a rattrapé son chapeau ( je ne sais comment il a fait pour le ravoir) et qui le brosse avec sa manche.

La pluie dure jusqu'à 4h puis cesse complètement et voyant le temps se remettre , nous nous mettons en route pour le Reichenbach. Nous prenons un petit funiculaire qui nous conduit au pied de la cascade que nous trouvons magnifique, ayant été encore grossie par l'orage. Nous allons un peu nous promener par de jolis sentiers au dessus de l'eau, je commence à être fatiguée car ces chemins sont assez raides, je mets le pieds sur une pierre glissante et je tombe, je ne me fais heureusement pas de mal. Nous arrivons à une petite ferme auberge où nous dînons très bien avec du beurre, des omelettes et du formage dans un petit chalet décoré, d'où il y a une belle vue. Nous ne nous y attardons pas car il est déjà tard; nous arrivons à la cascade à 8h et nous attendons pour la voir illuminée. Il y a là un petit magasin d'objets en bois tenu par le gardien du funiculaire et nous y achetons quelques petites choses. Nous avons beaucoup de mal à nous entendre car le marchand ne comprend le français que très difficilement. Après une demie-heure d'attente, Maman demande si l'illumination aura bientôt lieu, mais nous sommes mal comprises de l'employé qui croit que nous voulons redescendre. Il nous installe dans le funiculaire et s'en va. Nous croyons d'abord que c'est pour que nous puissions voir la cascade éclairée de cet endroit, mais après avoir réfléchi, nous avons des inquiétudes et nous descendons. Quelques minutes après, le wagon partait seul sans personne pour le diriger. Nous l'avons échappé belle, nous aurions eu une fameuse peur en nous voyant descendre tout d'un coup toutes les quatre. Nous avons eu de la chance de nous en tirer comme cela. Nous retournons auprès de notre bonhomme qui hausse les épaules et a l'air de dire "voilà des femmes bien difficiles à contenter, elle ne savent pas ce qu'elles veulent".

On vient illuminer la cascade vers 9h moins le quart, on projette des feux de bengale de différentes couleurs.

Nous prenons le funiculaire avec une autre famille et un conducteur qui chante tout le temps de la descente du Ranz des Vaches.

Nous retournons à l'hôtel qui est à 2 kms en admirant les cascades de l'Alpach illuminées Nous marchons très vite car il commence à faire nuit et nous arrivons à 9h1/2 et montons de suite nous coucher.

Samedi 6 août - 4ème jour

Journée extrêmement fatigante

Nous nous levons à 7h et à 8h nous descendons déjeuner et partons pour les gorges de l'Aare. Nous passons chez un marchand de produits photographiques pour faire mettre une bobine neuve dans l'appareil. Nous y passons un bon quart d'heure car, comme c'est le Kodack de Grand-père, Renée ne sait pas très bien le charger et la marchande n'est guère plus experte. Aussitôt après, nous passons à la poste pour envoyer un télégramme à Giessbach disant que l'on nous retienne deux chambres à deux lits ; puis nous prenons le chemins des gorges de l'Aare. Presque tout le monde se fait conduire en voiture, mais, étant passées là la veille et ayant vu qu'il y avait tout au plus 3 kms nous avons décidé que nous ferions ce trajet à pied.

Nous suivons un très joli sentier bordé de pittoresques chalets suisses et nous sommes vite arrivées. Les gorges sont très jolies très variées, nous suivons les passerelles que l'on a établies au dessus de l'eau, et en continuant à monter par des lacets assez vertigineux, nous sommes après 2 kms de marche à un joli petit pavillon où nous nous asseyons un peu pour nous reposer car il fait une chaleur étouffante. Nous redescendons tranquillement de peur d'avoir trop chaud et de nous refroidir en passant dans les grottes ; heureusement que nous avions pris des manteaux, car il faut se couvrir dans les endroits frais. A midi, revenues à l'entrées des gorges, nous nous faisons servir à déjeuner. Tout de suite après, Maman qui est infatigable nous propose d'aller aux gorges de l'Alpach. Nous partons vers ih1/2 et prenons un nouveau petit chemin dans les prés. Il y a beaucoup de petites baraques où l'on vend de la dentelle aux fuseaux et où de petites suissesses nous offrent de nous donner des leçons.

Renée photographie un petit chalet qui lui avait semblé particulièrement intéressant et nous arrivons à la lisière des bois de l'Alpach. Nous nous asseyons un peu dans l'herbe. Nous voyons passer une famille qui a probablement loué pour l'été un chalet dans la montagne, le mari pousse la voiture d'enfant et a beaucoup de mal car le chemin est très caillouteux. Au bout d'un quart d'heure nous commençons l'ascension, Renée est très fatiguée et se plaint de la chaleur. Claire et moi lui donnons le bon exemple et montons courageusement. Nous nous détournons un instant de la grande route pour prendre un petit chemin qui conduit, à une cascade. Renée glisse et tombe en roulant deux fois sur elle-même. Elle se relève furieuse, mais n'ayant aucun mal et déclare qu'elle n'ira pas plus loin. Nous nous asseyons, Maman remonte un peu Renée par de bonnes paroles, la prend à son bras et nous marchons encore environ 500 mètres après lesquels nous sommes à l'entrée des gorges de l'Alpach.

Il y a là un gentil pavillon d'où l'on a une belle vue sur Meiringen. La petite jeune fille qui donne les billets est très gentille et elle nous offre de garder nos manteaux et nos parapluies, nous suivons alors un sentier tout à fait dénudé en plein soleil, nous étouffons, Maman marche toujours avec Renée pour la soutenir. Nous nous élevons peu à peu par de petits escaliers creusés dans le rocher, nous admirons la cascade qui est très belle et arrivons à un pré où nous nous reposons à l'ombre d'un arbre (ces gorges sont riantes et boisées mais je préférais celle du matin qui étaient nues et sombres). Nous admirons la vue qui est magnifique. Vers 3h il faut partir pour redescendre vers Meiringen. En repassant au chalet nous re prenons nos affaires et achetons quelques objets en bois. A 4h nous sommes dans la grande rue de Meiringen, nous achetons du raisin et nous rentrons à l'hôtel où nous nous faisons servir de la limonade. Vers 5h nous repartons vers la gare (heureusement que c'est tout près car nous en avions assez de marcher). Il faut encore prendre les places d'assaut et nous sommes au milieu de juifs allemands très désagréables. Enfin ce n'est pas long et nous arrivons à Brienz où nous allons vite prendre le bateau, nous choisissons nos places à l'avant, où nous nous trouvions très bien, quand une troupe d'allemands arrive et se met devant, en nous masquent toute la vue. Heureusement, qu'ils descendent à la première station et que nous pouvons jouir tranquillement du reste du voyage.

Arrivées au Giessbach vers 5h1/2 nous prenons tout de suite le funiculaire de l'hôtel et dix minutes après nous sommes en haut. On nous monte tout de suite nos chambres Qui sont très grandes et très bien situées, juste en face des 13 cascades. Nous nous habillons et nous allons admirer la vue du lac de Brienz. Renée qui a un corsage ouvert a peur d'avoir froid et je remonte avec elle pour qu'elle mette un tour de cou. Nous rejoignons Maman et Claire qui sont assises sur la terrasse. Toutes ces promenades que nous avions faites dans la journée nous ont donné de l'appétit et un peu avant 7h nous allons au restaurant, où nous dînons très bien en admirant les cascades juste en face de nous. Claire, qui a très mal à la tête , ne prend que du thé

Après notre repas, ayant très soif, nous allons boire de la bière à un petit pavillon tout près de l'hôtel et qui en dépend. La jeune fille qui nous sert, voyant nos jupes blanches et nos corsages clairs, nous demande si nous n'allons pas danser car il paraît que tous les samedis il y a bal dans les salons de l'hôtel. Nous rentrons et regardons danser, ce qui est très amusant. Claire, qui a très mal gémit et demande à aller se coucher. Nous lui offrons de monter avec elle et de l'enfermer dans sa chambre, mais elle ne veut pas, prétend que Renée la réveillera. Nous sommes furieuses Renée et moi, et la traitons d'égoïste, car nous étions très contentes, toutes les deux de regarder danser.

Maman décide que nous monterons toutes à 9h1/4. Nous avions déjà gravi quelques marches de l'escalier lorsque une gentille jeune fille court après nous et nous demande de venir danser. Maman refuse et remercie en disant qu'ayant beaucoup marché dans la journée nous sommes fatiguées et avons besoin de repos.

En arrivant dans nos chambres, la bonne est très étonnée de voir que nous n'attendions même pas l'illumination des cascades. Maman, Claire et Renée se couchent de suite, mais moi, j'attends assise su la fenêtre et je vois l'éclairage des cascades qui ne dure que 2 minutes et qui n'a rien d'extraordinaire.

Dimanche 7 août - 5ème jour

Nous n'avons pas très bien dormi car le bruit des cascades était un peu gênant. Malgré cela nous allons bien sauf Claire qui est encore un peu fatiguée

Nous habillons avec ce que nous avons de mieux pour avoir bonne mine à notre arrivée à Interlaken. Nous devons aller à l'hôtel Belvédère où nous retrouverons Anna Gauchler et son frère Paul.

Nous déjeunons, écrivons une lettre à Grand-père et quittons le Giessbach par le train de 9h. Les bords du lac sont très jolis et il y a beaucoup de propriétés qui ressemblent à de petits châteaux et mettent une note gaie dans le paysage. A la station de Boenigen, nous voyons monter Monsieur et Madame Grandjean dont nous avions fait la connaissance à Paris chez Anna Gauchler, mais ils ne nous voient pas et nous ne sommes pas assez intimes pour aller leur parler. Vers 10h nous arrivons à Interlaken où nous prenons l'omnibus du Belvédère, et sommes à l'hôtel au bout de 10 minutes. Anna Gaucher qui nous attendait dans le jardin vient nous sauter au cou et a l'air très heureux de nous voir, puis nous demandons à voir les chambres que nous avons retenues 8 jours d'avance. Le gérant à qui Maman s'est adressé répond qu'il nous avait retenu des chambres mais que des personnes les occupent encore, étant obligées de rester pour une fillette qui est tombée malade et nous propose une grande pièce où l'on peut mettre 3 lits et pour la quatrième une toute petite chambre à un lit, tout près de la notre et où était installé le téléphone autrefois. Maman fait des observations au gérant qui promet d'en donner une autre pour le lendemain. Ces deux pièces sont au rez de chaussée. Anna Gauchler a l'air très ennuyé que nous ne soyons pas mieux dans l'hôtel qu'elle nous a recommandé. Nous lui demandons où est l'église la plus proche pour aller à la messe. Elle met son chapeau et veut nous conduire jusqu'à la porte. Nous rencontrons le Grandjean avec qui nous refaisons connaissance, ils sont très gentils et très aimables et nous racontent qu'ils sont installés depuis un mois à Boenigen et de là viennent très souvent à Interlaken. Monsieur Grandjean et Anna Gauchler nous quittent à l'entrée de la chapelle, nous entrons avec madame Grandjean , mais il n'y a plus de place et nous sommes obligées de rester debout tout le temps. Madame Grandjean nous quitte avant la fin, nous sommes très fatiguées et allons nous asseoir sur un banc où nous écoutons la fin de la messe car beaucoup de personnes y assistent en plein air. A midi nous sommes à l'hôtel et nous faisons la connaissance de Paul Gaucher, Anne veut que nous allions déjeuner avec eux à la table d'hôte, mais nous préférons aller aller au Restaurant. Nous y déjeunons très mal, les garçons son très désagréables et nous passent à peine les plats, nous n'avons même pas une carafe d'eau sur la table. De 1h à 3h, nous nous reposons dans notre grande chambre, car la messe nous avait beaucoup fatiguées et nous remettons aux jours suivants notre excursion à Mürren que nous avions projetée pour cet après-midi.

Claire est éreintée et se couche, à 3h elle se lève bien reposée et Anna Gauchler vient nous demander d'aller nous promener avec elle et son frère.

Nous croyons que c'est pour aller faire un petit tour dans la ville, mais, pas du tout, ils nous emmènent faire une très grande promenade dans les bois en marchant très vite, en ne nous laissant à peine regarder la vue et ne nous asseyant pour ainsi dire pas. Nous revenons à l'hôtel absolument éreintées, nous allons dîner (encore très mal) et de suite nous nous dirigeons vers la poste restante pour y chercher une lettre de Grand-père, mais c'est fermé et nous rentrons pour nous coucher après avoir dit bonsoir au Gauchler.

Maman, Claire, Renée et moi rentrons dans notre grande pièce qui est toute enfumée et Claire va dans la petite chambre qu'elle a voulu prendre absolument

Jusqu'ici Interlaken ne nous a pas fait une bonne impression, nous nous étions imaginées que c'était bien plus joli comme situation, je ne sais pas comment est la ville que nous irons voir demain

Lundi 8 août - 6ème jour

Nous nous levons de très bonne heure, nous n'avons pas trop mal dormi, et Claire, s'est assez bien trouvée dans sa petite chambre

Nous déjeunons à 7h et à 7h1/2 nous quittons l'hôtel pour aller prendre le petit train de montagne pour Lauterbrünnen.

Nous arrivons de bonne heure à la gare et pouvons choisir nos places tranquillement, mais au bout d'un quart d'heure, le train est plein partout.

Nous parcourons alors un très joli trajet soit au milieu des prés, soit à travers les bois et vers 9h1/2, nous sommes à Lauterbrünnen. Là sans perdre une minute, il faut aller prendre le train de la petite Sheidegg. Maman dans notre précipitation ne voit pas une caisse que l'on venait de décharger, trébuche dedans et tombe. Elle se relève de suite ayant un peu mal au coude. Mais heureusement ce n'est pas grave et nous nous remettons à chercher de la place, mais nous avons perdu du temps et tout est plein. Un employé, qui a été témoin de la chute de Maman, nous voyant très ennuyées, a pitié de nous. Il nous cherche de la place en seconde, mais il n'yen plus nulle part, et voyant cela il nous fait monter en 1ère. Nous étions enfin installées quand arrive le conducteur du train qui vient demander les billets et voyant que nous sommes déclassées, il nous fait un tas d'histoires et veut nous faire descendre (il ne manquait plus que cela). Maman se fâche et lui explique que ce n'est pas de nous-mêmes que nous sommes montées en 1ère et lui dit d'aller demander à l'employé. Il y va, apprend probablement la vérité et ne nous ennuie plus. Nous sommes enfin tranquilles et nous partons. Le trajet devient magnifique, nous sommes au milieu des glaciers, tout près de la Jungfrau. A un arrêt du train, nous allons boire du lait dans une petite auberge et à 11h nous sommes à la petite Sheidegg. Nous y prenons de suite le funiculaire de la Jungfrau, pour nous arrêter à l'Eiger. Arrivées là au bout d'un quart d'heure, nous nous dirigeons vers le glacier pour y visiter la grotte de glace, après avoir marché 1 km, nous pénétrons dans la grotte que nous trouvons très belle, elle est éclairée de distance en distance par des bougies qui lui donnent un joli reflet bleuâtre. A la sortie, un guide nous offre de faire une excursion sur le glacier, mais nous n'osons pas nous y aventurer n'étant pas munies pour cela. Beaucoup de personnes s'amusent à aller sur la neige dans de petits traîneaux, nous nous amusons à les regarder un peu, puis vers midi nous allons au restaurant. Nous dînons très bien (nous sommes bien mieux soignées qu'à Interlaken, on nous laisse les plats à notre disposition) en face de la belle vue sur le glacier. Après nous achetons quelques cartes postales que nous envoyons de suite, puis nous reprenons le funiculaire pur redescendre à la la petite Sheidegg. Nous arrivons vers 2h1/4 et nous commençons l'ascension du Lauberhorn, sommet duquel on a une belle vue sur les chaînes des glaciers. La montée est très dure car c'est en plein soleil. Claire est très fatiguée, se plaint de la chaleur, dit qu'elle a des battements de coeur, que nous voulons la faire mourir, qu'il n'y a rien de plus à voir du sommet que d'en bas, etc, etc ; enfin arrivées en haut , nous nous reposons sur un banc où elle reprend un peu de courage. Nous admirons la vue et cherchons à reconnaître le nom des sommets mentionnés dans le guide. Claire va de mieux en mieux et nous commençons à descendre ce qui n'est plus rien du tout.

Nous arrivons à la petite Sheidegg un peu à l'avance pour reprendre le train pour Grindelwald. Nous nous casons assez facilement et admirons le paysage qui varie beaucoup de celui de la montée. La vue sur Grindelwald est magnifique. Arrivées à cet endroit vers 5h, il faut changer de train, nous ne perdons pas une minute et sommes très bien. A 6h1/2 nous sommes à Interlaken. Maman et Claire qui est maintenant tout à fait valide, vont à la poste chercher la lettre de Grand-père. Renée et moi les attendons dans notre grande chambre en lisant un peu. Vers 7h1/2 nous allons dîner toujours au restaurant où nous ne sommes pas mieux servies que la veille, puis nous retrouvons les Gauchler avec lesquels nous nous asseyons dans le jardin, puis allons faire un petit tour dans la ville. Nous passons devant les grands hôtels qui sont très animés et où l'on fait de la musique, puis nous arrivons dans la eue principale, nous croyions y voir de beaux magasins, mais il n'y a que des petites boutiques insignifiantes. Je regrette le petit collier de Lucerne. A 9h1/2 nous sommes à l'hôtel et disons bonsoir aux Gauchler. Rentrées dans notre chambre, nous nous concertons pour savoir ce que nous voulons faire le lendemain, soit coucher encore une nuit ici et aller à Mürren, soit renoncer à cette excursion et quitter Interlaken demain matin par le bateau de 9h pour aller à Bâle. Toutes réflexions faites nous nous décidons pour le départ définitif, étant toujours très mal au Belvédère, tant pour la nourriture que pour le logement, puis que l'on ne nous a plus parlé de nous donner une autre chambre pour Claire.

Nous rangeons alors nos affaires dans nos sac car le lendemain, nous n'aurons probablement pas le temps, puis comme nous sommes plus ou molns fatiguées les unes et les autres, nous nous couchons pour 10h.

Mardi 9 août - 7ème jour

Le lendemain matin nous nous levons de bonne heure et dès que nous hommes prêtes Maman fait dire à Anna Gauchler que nous partons à 9h. Elle arrive très agitée pendant que nous déjeunions, nous fait des reproches de ne pas rester plus longtemps, mais elle prend assez bien la chose ( mieux que nous nous y attendions) et nous tient compagnie jusqu'à notre départ.

Maman va au bureau our régler la note qui est très salée. Au moment de monter en omnibus un espèce de phénomène de Barnum ( petite tête d'oiseau sur un grand corps maigre qui n'en finit plus) vient nous dire d'un air à moitié ironique, moitié poli "Au revoir Mesdames, bon voyage"Maman lui répond froidement et nous disons adieu à Anna Gauchler. Paul veut absolument venir au bateau nous dire au revoir et nous apporte à chacune un petit bouquet de cyclamens rose et à Maman des edelweiss.

Il était depuis quelques instants sur le pont quand sonne la cloche du départ. Le voilà pris d'une panique! Il se met à se sauver en courant, bouscule deux dames et ne respire que lorsqu'il est sur le quai d'où il nous salue une dernière fois

Nous voilà donc parties et c'est sans aucun regret que nous quittons Interlaken, car nous étions si mal à cet hôtel Belvédère. Je ne sais pas pourquoi Anna Gauchler en est tellement enchantée. Probablement que les pensionnaires y sont mieux soignés que les gens de passage, mais nous sommes bien contentes d'avoir pris le parti de ne pas rester un jour de plus, tout en regrettant un peu l'excursion à Mürren.

Nous avons toujours un temps magnifique et admirons la vue du lac et des glaciers qui l'environnent. Nous arrivons à Thoune vers 11h1/2, il fait une chaleur étouffante. En descendant du bateau nous allons au restaurant de l'hôtel Bellevue qui est très bien, situé au milieu d'un grand parc très ombragé et dans lequel beaucoup de dames lisent ou travaillent à de petits ouvrages. De gentils chalets d'écorce servent de salons de musique ou de lecture.

Nous dînons dans le restaurant tout vitré qui donne sur le parc (nous y mangeons des truites délicieuses). On vient alors nous demander pendant notre déjeuner l'heure à laquelle nous partons et si nous désirons prendre l'omnibus. Nous devions quitter Thoune à 1h1/2 et acceptons d'aller à la gare en voiture à cause de la grande chaleur.

Un quart d'heure après nous sommes prêtes à partir ; le temps passe et l'omnibus n'arrive pas, le portier nous dit alors qu'il a dû être retenu à la gare et ne viendra pas nous chercher.

Nous sommes d'abord très ennuyées de manquer notre train, mais nous réfléchissons que nous pourrons visiter la ville et monter à l'église, d'où il y a une très belle vue et nous aurons encore assez d'une heure pour visiter Berne en partant d'ici à 4h. Nous quittons l'hôtel et allons à la gare mettre nos sacs à la consigne. Le trajet nous paraît très long, c'est probablement à cause de la grande chaleur et de nos bagages qui ne sont pas légers.

Enfin nous arrivons et sommes un peu allégées. Nous repartons pour visiter Thoune, nous passons à la poste pour envoyer un télégramme à l'hôtel Euler à Bâle où nous devons coucher ce soir, puis nous continuons notre promenade. Il y a de beaux magasins, Maman achète deux petits pots à crème en faïence à fleurs pour rapporter à Marie et Anna

Renée choisit de tout petits objets pour une maison de poupée en sapin qu'elle veut faire à notre retour. N'ayant pas eu le temps de manger du dessert à notre déjeuner, Maman nous achète du chocolat que nous croquons en marchant. Nous allons à l'église qui n'a rien de remarquable, ni à l'intérieur, ni à l'extérieur, mais d'où l'on a une belle vue sur le lac et les Alpes. Nous nous asseyons sur un banc et achetons quelques cartes postales à un petit gamin qui avait été très complaisant pour nous ouvrir la porte de l'église qui était fermée à clef. En redescendant nous admirons de loin le château de Thoune qui est situé sur la hauteur et domine la ville, nous n'avons pas le temps d'aller le voir de près.

Renée s'achète une belle paire de petits ciseaux de poche à 0,95 (?) et est heureuse comme tout du bon marché de son achat. Le temps passe et il faut se diriger vers la gare, ce qui fait très mal au coeur à Claire et Renée qui n'avaient pas fini de regarder les petites boutiques

Nous reprenons nos sacs et le train pour Berne. De Thoune à Berne le trajet n'a rien de particulier, nous sommes avec des allemands qui ne font que se bourrer de fruits et de gâteaux. Arrivées à Berne vers 4h1/2, nous prenons une voiture et disons au cocher que nous n'avons qu'une heure et qu'il ou fasse voir les choses les plus intéressantes. Il nous mène d'abord à une terrasse d'où l'on a une belle vue sur toute la ville. Nous visitons la cathédrale qui a un très joli portail, l'intérieur en est aussi très joli. Cette église est consacrée au culte protestant et l'on paie 0,25 (?) pour pouvoir y entrer (les étrangers, naturellement). De là nous allons à l'horloge qui est très curieuse avec ces masses de petits bonshommes qui s'agitent quand elle sonne les heures, nous voyons beaucoup de fontaines anciennes d'un goût très allemand, puis par une grande rue où il y a des arcades ce qui nous fait penser à Remiremont, nous arrivons à la fosse aux ours qui n'a rien d'extraordinaire et où il n'y a que quatre-mâts, nous nous attendions à quelque chose de bien mieux que cela. Nous n'avons pas le temps d'aller à la terrasse du café [?], recommandée dans l'itinéraire de Grand-père. nous sommes obligées de presser le cocher qui n'a pas l'air de se soucier de l'heure et nous nous arrêtons à la poste restante où Maman avait une lettre de Grand-père à aller chercher.

Nous sommes à la gare à 6h et prenons de suite le train pour Bâle. Mais hélas il est plein et nous n'arrivons à trouver que trois places. Renée est dans un compartimentation six allemands, Claire à côté et c'est nous deux, Maman et moi, qui n'avons qu'une place pour deux. Maman veut me la faire prendre mais je veux la lui laisser et vais sur la plate-forme. J'y étais depuis cinq minutes quand Maman très inquiète, ne sachant pas ce que je devenais, m'ordonne d'aller prendre la place. J'obéis et vais m'asseoir. Le train part et je suis à mon tour très tracassée de la sentir là, car il y a beaucoup de secousses et très peu de choses pour se retenir. Enfin au bout de cinq minutes, Maman rentre disant que c'est impossible de rester là et préfère être debout dans le compartiment, je veux lui donner ma place mais elle ne veut pas l'accepter, je suis très ennuyée car le trajet dure 1h1/2. Un Monsieur se décide enfin à offrir sa place. Maman remercie et accepte pour un instant. L'employé venant demander les billets, un allemand (aimable, celui-là) lui explique qu'une dame n'a pas de place. Il se met à chercher une place et en trouve une dans un compartiment à côté ; un monsieur sans-gêne (il y en a des masses, surtout en Suisse) en retenant deux quand il n'en occupe qu'une. Un petit jeune homme offre alors sa place à Maman et va dans le compartiment à côté pour que nous ne soyions pas séparées.

Le reste du voyage se passe très bien et nous arrivons à Bâle vers 7h.

Nous allons à pied à l'hôtel Euler (en faisant porter nos sacs) que nous avait recommandé Paul Gauchler. Nos chambres que nous avions retenues sont très bien au 3ème étage, mais il y a un ascenseur et cela n'a pas d'inconvénients. Renée est un peu enrhumée et comme Claire s'énerve beaucoup de l'entendre tousser, le soir je couche dans la même chambre qu'elle pour cette nuit-là.

Vers 8h1/2 nous allons dîner, nous sommes très bien servies (quelle différence avec Interlaken) et comme il est trop tard pour sortir, ne connaissant pas du tout la ville, nous nous asseyons un peu dans le jardin de l'hôtel avant de monter dans nos chambres.

J'ai oublié de dire que nous avions visité l'hôtel de ville de Berne, nous l'avons vu en détail, la grande salle du Palais Fédéral est surtout très belle. Tous les sièges sont en cuir repoussé avec des dessus différents.

Mercredi 10 août - 8ème jour

Nous nous levons de très bonne heure, allons déjeuner et partons pour aller visiter la ville. En sortant de l'hôtel nous admirons le monument érigé en souvenir des secours apportés par la Suisse aux souffrances de habitants de Strasbourg pendant le siège de 1870.

C'est un très beau groupe de marbre de Bartholdi représentant une femme, la Suisse, soutenant une alsacienne chancelante ; puis nous attendons le tram que nous devons prendre sur la place pour aller jusqu'au vieux Bâle. Il arrive au bout d'un quart d'heure et nous montons.

Nous traversons alors le centre de Bâle, le pont du Rhin, les petites rues du petit Bâle et descendons à la gare (?), le tram n'allant pas plus loin et notre guide à la main, nous commençons la visite de la vieille ville, elle se compose de rues qui ne sont ni belles ni laides avec beaucoup de petites boutiques ; dans une pâtisserie nous achetons des pastilles de menthe qui sentent horriblement le plâtre et ne sont pas mangeables.

Nous entrons dans une petite chapelle qui n'a rien de particulier. Après avoir marché encore 1 km, nous arrivons au Rhin. Nous le franchissons sur un pont provisoire car le vieux a été démoli en 1903 et sera remplacé par un pont de pierre en 1905. Maman nous montre l'hôtel des trois rois où son grand-père Gautier descendait toujours autrefois et qui est situé tout au bord de l'eau. Renée prend quelques photographies. Par une petite rue étroite nous arrivons à la place du Marché sur laquelle s'élève le Rathaus, l'extérieur est peint de fresques de couleurs vives. Dan s la cour intérieure se trouve la Statue de Manatius Plancius, le fondateur de Bâle. Les murs sont aussi décorés de peintures, nous n'avons pas le temps d(entrer pour visiter la salle du Conseil, et reprenant une petite rue, nous arrivons à une place où se trouve l'église des Franciscains datant du XIXème siècle et dans laquelle depuis 1895, on a installé un musée historique que nous irons visiter cet après-midi. Là nous demandons le chemin pour aller à la Cathédrale, mais on nous indique mal ou nous ne comprenons pas et c'est après nous être égarées dans beaucoup de petites rues que nous y arrivons enfin. Elle set entourée de cloîtres et d'arcades et derrière l'abside de l'église s'étend une terrasse, plantée de marronniers, élevée de 20 m au dessus du Rhin et d'où l'on a une très belle vue. Après nous être assis un peu nous entrons à la cathédrale (réservée au culte protestant). Renée et moi sommes encore très fatiguées et nous restons sur un banc pendant que Maman et Claire font le tour de l'église. La chaire ressemble tout à fait à celle de Remiremont. Nous admirons les bancs en bois sculpté qui sont très légers par leurs ornements gothiques tous différents. En sortant nous regardons le portail avec toutes ses statues et Renée en prend une photographie.

Une petite rue très raide nous ramène à la place où se trouve le Musée Historique. Nous voyons d'assez beaux magasins. Maman a envie de nous acheter des blouses brodées, mais elle n'en trouve pas d'assez jolies pour se décider ; nous passons devant le grand magasin de musique d'où beaucoup de personnes de Remiremont font venir leurs abonnements.

Après avoir demandé bien des fois notre chemin, nous arrivons à l'hôtel. Nous nous y reposons en déjeunant très bien et très tranquillement au restaurant. Maman veut nous gâter et nous fait choisir ce que nous voulons pour dessert, Claire et mois demandons des glaces et Renée a un petit panier de fruits variés pour elle toute seule. A 1h1/2 nous repartons pour aller visiter les deux musées car nous n'avons absolument que cela à voir. Nous prenons le tram qui nous arrête devant le musée historique. Pendant un bon quart d'heure nous en attendons l'ouverture. Enfin à 2h juste on peut entrer. Au dessus de la porte d'entrée se trouve une tête grotesque qui était adaptée à l'horloge du vieux pont et faisait la grimace au Petit-Bâle, nous rions beaucoup en la regardant rouler ses yeux et tirer la langue. Bans la nef nous voyons des collections militaires, cuirasses, canons, uniformes de différentes époques.

Dans les bas-côtés, série de petites chambres reconstituées dans leur état primitif et très intéressantes à regarder. Nous arrivons au Choeur, de chaque côté de magnifiques traîneaux, puis beaucoup de choses religieuses, des salles, des vitraux, un très beau retable en bois sculpté, tout cela provenant d'anciennes églises. Dans la sacristie, ce sont les choses qui ont le plus de valeur. Trésor du chapitre et d'autres églises de Bâle, couronnes d'or et d'argent, de belles tapisseries, des poignards gravés par Holbein... etc.

Nous ne montons pas aux galeries supérieures où se trouvent des faïences, porcelaines, vitraux, costumes...ec.. car l'heure nous presse et il faut nous diriger vers le Muséum, il est situé dans une petite rue derrière la Cathédrale et nous avons aussi beaucoup de mal à le trouver. Nous y arrivons à 3h1/4 et il ferme à 4h § Nous regardons alors dans le guide les choses principales à y voir. Nous montons de suite à la salle des dessins anciens d'Holbein, D'aller, Dürer et de l'école allemande, puis nou passons dans la sale des peintures où nous admirons beaucoup le portrait d'Erasme peint par Holbein. Nous n'avons pas le temps de visiter les salles di bas où contes collection minéralogiques et archéologiques. Nous rentrons tranquillement à l'hôtel en nous asseyant cinq minutes sur la terrasse près de la cathédrale pour nous reposer, puis nous arrivons à l'hôtel à h. Nous faisons prendre nos sacs et, arrivons à la gare 3/4 d'heure à l'avance. Nous passons la douane allemande (on ne nous fait rien ouvrir et nous attendons encore une bonne demie-heure dans la salle d'attente le train pour Mulhouse.

Nous y arrivons vers 7h, nous prenons une voiture à la gare pour visiter le ville (en une heure) que nous ne trouvons pas belle du tout et composée surtout de faubourgs avec des maisons ouvrières, nous ne pouvons visiter les églises qui restent fermées. Revenues à la gare vers 8h1/2, pas du tout enchantées de Mulhouse, nous allons au; buffet pour y dîner. On nous sert des oeufs à la coque pourris et nous demandons qu'on nous les fasse cuire durs, pour qu'ils soient mangeables, puis du jambon qui n'est pas fameux.

Nous sommes ici jusqu'à 11h du soir et nous demandons de rester au buffet jusqu'à l'heure de prendre notre train, car dans les salles de gare allemandes on fumait presque partout tandis que là nous sommes seules et tranquilles.

Nous nous promenons un peu sur le quai, dans la salle des troisièmes nous apercevons de Bohémiens de si mauvaise mine et qui nous regardent tellement que Maman ôte ses diamants et ses bijoux et nous les mettons dans une petite boite, quant à nous trois nous agrafons nos manteaux jusqu'en haut pour cacher nos chaînes de montres et nos pendentifs. Le garçon du buffet voyant que nous ne sachions que faire pour passer notre temps nous dit que nous devrions aller à la fête (car c'est la fête de Mulhouse en ce moment), que c'est très beau et que c'est tout près. Pensant que cela nous distrairait un peu, il nous explique le chemin et nous partons. Nous arrivons à l'entrée au bout de dix minutes, mais à peine y étions-nous arrivées et voyant tous ces allemands nous regarder d'un air très hardi, nous n'avons rien des plus pressé que de rentrer au buffet. Le garçon a l'air tout étonné de nous voir revenir si vite (cette foire était surtout magnifiquement, éclairée à l'électricité). Enfin, le temps passe peu à peu et après avoir sommeillé sur nos chaises pendant deux heures, Nous allons prendre le train pour Belfort.

Il est presque vide et nous sommes seules dans notre compartiment. A Petit-Croix, nous descendons pour la douane. les douaniers français sont plus difficiles que les allemands et on me fait ouvrir mon sac, la bonne femme fourre ses mains tout au fond, bousculant toutes mes affaires, puis marque les autres. Après la douane, l'employé auquel nous montrons nos billets nous dit que si nous voulons continuer dans le train d'où nous venons de descendre, il faut payer un supplément pour des premières, quand arrive le chef de gare à moitié il demande :"Ousque ils vont?" A Belfort " ben ils n'ont qu'à prendre le train B", puis se réveillant un peu, il nous explique que nous pouvons attendre ici une heure un train pour Belfort ou partir de suite et attendre à Belfort, le train pour Vesoul. Voyant que la gare était tranquille et que les employés étaient complaisants nous nous décidons à rester ici. Maman va vie rechercher son chapeau et son parapluie, qu'elle avait laissés dans le train croyant y remonter.

Nous nous installons aussi confortablement que possible dans la salle d'attente. Claire et Renée ne font que rire tout le temps en entendant une bonne femme avoir une indigestion dans la salle à côté.

Au bout d'une heure le train arrive, c'est un de ces grands trains venant d'Italie et dans lequel il y a toute espèce de gens.

L'employé qui nous avait demandé les billets est très complaisant. Il nous fait signe de le suivre et nous cherche un compartiment de dames seules tout en ouvrant toutes les portes et en disant "Messieurs, préparez-vous pour la visite de la douane, mais personne ne bouge et je ne sais comment on peut arriver à les réveiller! Après nous avoir fait traverser le couloir des wagons-lits(chose qui doit être défendue). (Un monsieur qui voulait sortir de son compartiment est obligé de fermer sa porte en me voyant, puis de même pour Maman, Claire et Renée qui était derrière et il finit par dire en grognant entre ses dents :"Qu'est-ce que c'est que toutes ces femmes-là?"). L'employé trouvant enfin un compartiment vide nous y installe puis nous colle une étiquette de Dames-seules. Quand les douaniers arrivent, il leur explique que l'on a déjà visité nos bagages pour que nous ne soyons plus dérangées. Il s'en va enchanté des 10 sous de pourboire, reste jusqu'au départ sur le quai et regarde encor si nous sommes bien.

En voyant toutes ces précautions, nous ne sommes qu'à demi rassurées, enfin on sait que ce n'est que pour une heure, car à Vesoul il faudra encore attendre un autre train. Le gardien des wagons-lits a l'air très peu complaisant et nous a regardé du haut de sa grandeur quand nous sommes montées, comme si nous n'avions pas vraiment le droit d'être dans ce train-là. Claire et Renée sont fatiguées et veulent dormir. Elles parlent d'éteindre l'électricité. mais naturellement Maman les en empêche et heureusement. Le commencement du voyage se passe très bien, nous passons à Belfort mais nous ne nous y arrêtons pas.

Un peu avant d'arriver à Vesoul, Maman se lève pour prendre les parapluies dans le filet quand apparaît à travers la vitre un énorme artilleur, sa veste déboutonnée, tenant sa chemise de nuit sur son bras et ayant aux pieds des espèces de grandes savates. Il ouvre la porte du compartiment et demande brusquement :"où descendez-vous?" Maman lui répond que nous allons jusqu'à Vesoul. Il fait alors mine d'entrer mais Maman ayant senti une forte odeur d'eau de vie et de liqueurs le repousse dans le couloir et referme vite la porte en nous disant :"mes enfants aidez-moi à tenir, je ne lâche pas jusqu'à Vesoul". Il continue à regarder à travers la vitre avec de gros yeux hébétés puis disparaît.

Maman avait eu très peur, Claire et moi, qui dormions à moitié dans le fond du compartiment, avions cru au premier moment que c'était un employé étranger qui venait demander les billets et nous demandions ce que Maman faisait de le repousser ainsi, quant à Renée elle aidait à tenir la porte. C'est égal, tout en n'étant pas très effrayées, nous étions joliment contentes que cela se soit passé ainsi, car une fois qu'il aurait été dans notre compartiment, qu'aurions-nous fait? Nous approchons de Vesoul et l'employé, du train vient un peu avant l'arrivée nous prévenir que nous devons descendre, puis à la station il nous accompagne très poliment jusqu'au quai. Il avait probablement témoin de la scène et aura eu peur que nous fassions quelques plaintes! Nous revoyons alors notre artilleur qui descend (toujours avec sa chemise de nuit et ses savates) et qu'un employé reconduit à son compartiment.

Nous avons alors supposé qu'il avait été au wagon-restaurant, y avait bu et cherchait son compartiment lorsqu'il était venu nous ennuyer. Peut-être avait-il un wagon-lit? En tout cas ce devait [être]un jeune homme riche et de bonne famille, car un homme grossier aurait bousculé Maman et forcé la porte de notre compartiment et nous concluons que cela s'est relativement bien passé.

A Vesoul il y a encore un arrêt de 2h Nous allons dans la salle des 1ères car en 2nde il n'ya que des hommes étendus sur les banquettes. Nous sommes seules avec une dame qui dort complètement, la tête appuyée sur son sac Ces deux heures ma paraissent d'u long! et je ne dors pas une minute

Enfin nous reprenos le train pour Epinal, mais, hélas, il faut encore changer à Port d'Atelier, puis une dernière fois (heureusement) à Aillevillers.

Nous arrivons à 7h, nous trouvons Antoinette à la gare qui nous apporte les clefs. Elle cause un peu avec nous, nous donne des nouvelles de Grand-père. Elle nous trouve l'air un peu fatigué. A 7h1/2, le train part pour Remiremont. Sitôt arrivées à la maison, nous nous couchons et dormons très bien jusqu'à midi, puis nous nous levons et sommes tout à fait remises des fatigues de la nuit.

Quelques impressions sur mon voyage

De tous les endroits que j'ai visités en Suisse, celui qui m'a le plus enchanté, c'est le Righi. Tout cet admirable panorama de montagne avec ses lacs, ses petits villages en miniature m'a absolument transportée. Mon rêve serait d'y retourner faire mon voyage de noces

En second lieu c'est le Giessbach qui a mes préférences. Les 19 cascades le rende si pittoresque et la belle vue du lac de Brienz contribue encore à embellir sa situation.

En troisième lieu vient Meyringen, ce village entouré de montagnes et où nous avons fait de si jolies excursions.

Ce sont là les trois endroits que j'ai préférés et qui laisseront le plus de traces dans ma mémoire.

Comme ville celle que j'ai trouvée la plus jolie, c'est Lucerne, car Bâle, Berne et Mulhouse lui son bien inférieuresautant comme situation que pour tout le resteLucerne avec son lac, le Pilate, le Righi, c'est l'idéal.

omme hôtels celui où nous avons été le mieux, c'est le Giesslach, puis le Saint Gothard à Lucerne et le Euler à Bâle.

Comme excursion j'aimais beaucoup celle des gorges de l'Aare, puis celle de l'Eiger (grotte de glace) et enfin celle de Reichenbach.


1er jour

Remiremont départ : 10h57
Epinal arrivée : 11h45
Belfort arrivée : 2h28
Belfort départ : 2h43
Bâle arrivée : 5h20 Heure de l\'Europe Centrale en avance d\'une heure sur celle de France et de BelgiqueBâle départ : 6h05
Lucerne arrivée : 8h16.
Descendre Hôtel du Saint Gothard, Métropole ou du Lac.

2ème jour

Matin, visiter Lucerne, quai du Schweizerhof, le lion de Lucerne, Diorama Meyer (panorama du Righi et du Pilate), les ponts, le Gutsch, très belle vue, le Sonnenberg, si on a le temps.
A 4h30, départ en bateau à vapeur pour Witznau.
Arrivée à 5h20.
On part immédiatement pour le Righi.
Arrivée à 6h39.
Voir le coucher du soleil. Un seul hôtel.

3ème jour

Voir le lever du soleil du haut du Righi.
Repartir du Righi par le chemin de fer de Goldau.
Righi départ 6h25 ou 7h20
Arth Goldau arrivée 7h42 ou 8h35
départ 7h50 ou 9h04
Lucerne arrivée 8h45 ou 9h52
départ 9h55, 1ho2 ou 3h42
Meyringen arrivée 1h23, 4h18 ou 7h00
Hôtel Bahnhof, ou Bar ou Brünig

4ème jour

Voir à Meyringen les deux cascades de l'Alpbach, puis les chutes du Reichenbach et les gorges de l'Aare
Meyringen départ 4h26 ou 5h23
Brienz arrivée 4h50 ou 5h13
départ en bateau 5h00 ou 5h53
Giessbach arrivée 5h10 ou6h03
un seul hôtel voir les 7 cascades le jour, puis leur illumination le soir

5ème jour

Giessbach départ à 6h20 ou 10h15
Interlaken par bateau arrivée 7h35 oi 11h05
Hôtel Bélvédère, Interlaken ou Victoria
Excursion à Mürren en face la Jungfrau
départ d'interlaken à 2h07
arrivée à Lauterbrünnen 2h53
départr, changement de train 3h05
arrivée à Mürren 3h55
Vue mag,nifique sur la Jungfrau
retour à Mürren départ 5h30
Lauterbrünnen arrivée 6h20
départ 6h34
Interlaken arrivée 7h20

6ème jour

Excursion à Grindelwald
Interlaken départ 6h50 ou 8h23
Grindelwald arrivée 8h20 ou 10h25
Visiter la partie inférieure du glacier de l'Aar d'un accès très facile, une heure environ pour aller à la grotte de glace creusée à sa base et revenir au village déjeuner au buffet ou à l'Hôtel Victoria. Après le déjeuner on peut : 1- Revenir à Interlaken. Départ de Grindewald : 2h39 ou 5h10. Arrivée à Interlaken à 4h10 ou 6h503.
2- Faire une excursion de 2 heures sur le glacier supérieur, très recommandé et reprendre le train de 5h10
3- Prendre le chemin de fer qui monte au Righi, jusqu'à son terminus Rothstock
Grindewald départ 1h00
Sheidegg arrivée 2h19
départ 2h24
Rothstock arrivé 3h00
retour de Rothstock départ 3h10 ou 5h12
Sheidegg arrivée 3h36 ou 5h44
départ 3h37 ou 5h45
Grindewald arrivée 4h56 ou 7h04
départ 5h10 ou 7h20

7ème jour

Interlaken à Thoune. Voyage en Chemin de fer ou en bateau (recommandé)
Interlaken départ 8h15 ou 7h45
Thoune arrivée 9h21 ou 9h18
Visiter Thoune et y déjeuner (monter à l'église, belle rue)
Thoune départ 12h10
Berne arrivée 1h13 Visite Berne en voiture. Aller en voiture au café Schanzle. Vue admirable sur les Alpes

8ème jour

Berne départ 7h00
Bâle arrivée 9h35
Déjeuner au buffet de la Gare, puis visite de la ville en voiture.
Bâle départ 5h55
Mulhouse arrivée 6h39 (5h39 en France)
Pour visiter la ville en voiture une heure suffit amplement
Dîner au buffet à 8h
Mulhouse départ 11h du soir
Vesoul arrivée 1h50
départ 4h00
Epinal arrivée 6h35
Remiremont 8h06
Bien entendu toutes les heures ci-dessus sont approximatives sauf celles des chemins de fer français